En savoir plus sur Royan
ROYAN
CARTE D’IDENTITÉ
Population (2017) :
18 398 habitants (INSEE)
Superficie : 19,30 km²
Gentilé : Royannais
Labels : Ville d’Art et d’Histoire,
Patrimoine du XXe siècle,
Villes et Villages fleuris (Fleur d’Or en 2020)
Chef-lieu de canton et capitale de la Côte de Beauté, Royan est une station balnéaire située sur la rive droite de l’embouchure de la Gironde en face du Verdon. Ville d’Art et Histoire, en vertu de son patrimoine architectural d’une grande diversité. De par sa position stratégique de verrou de l’estuaire, la ville subit deux destructions majeures depuis le Moyen Âge. Le petit port de pêche devient, au XIXe, l’une des plus importantes stations de la côte Atlantique. L’anéantissement du centre-ville, dû aux bombardements de 1945, lui vaut une architecture moderniste réputée avec notamment l’église Notre-Dame et le Marché central. Ce nouveau visage complète harmonieusement le catalogue foisonnant des villas Belle Époque épargnées. Royan reste un lieu de villégiature apprécié par toutes les générations pour ses plages de sable fin avec ses légendaires tentes rayées et son port de pêche et de plaisance. Sur le littoral, alternent criques rocheuses et conches surplombées de villas et de carrelets, sous l’oeil majestueux du Phare de Cordouan. Royan offre une gamme étendue d’activités sportives et culturelles, mais aussi de bien-être avec le centre Thalazur. La devise de la ville est « Ne m’oubliez ».
GÉOGRAPHIE & ENVIRONNEMENT
- La Grande Conche
Au sud, la Grance Conche se déploie sur près de 2 600 mètres, entre le port et la pointe rocheuse de Vallières, dans la commune voisine de Saint-Georges-de-Didonne. Elle est longée par la promenade piétonne du boulevard Frédéric-Garnier, bordé de villas d’avant-guerre et de la Reconstruction. Derrière cette première ligne, s’étend le quartier boisé du Parc et ses somptueuses villas Belle Époque. Un petit sentier suit le Riveau, ruisseau qui marque la séparation entre les communes de Royan et de Saint-Georges-de-Didonne
- Le Centre-Ville et le Port
Après le rond-point de la Poste, un arc de cercle de 600 mètres, le Front de Mer, épouse la plage, dominé par l’église Notre-Dame, coeur de la Reconstruction. La Place Charles de Gaulle assure le lien entre la plage, le centre-ville et le boulevard Aristide-Briand qui mène au Marché central. Le Front de Mer aboutit au port, où le bac du Verdon permet de traverser l’estuaire.
- Foncillon et Pontaillac
Voici ensuite la façade de Foncillon, où le Palais des Congrès surplombe la conche, puis la pointe rocheuse du Chay, où s’élèvent les vestiges du Fort et la conche du Pigeonnier. La promenade le long de la corniche se poursuit vers l’ouest jusqu’à la conche de Pontaillac, encadrée par de hautes falaises que surmontent de grandes villas. Au milieu, trône l’ancien casino Art déco, le Sporting (actuel casino Barrière), rescapé des bombardements.
- Le quartier historique
Le quartier historique de Saint-Pierre, ancienne paroisse rurale située sur une colline, conserve l’église qui lui donne son nom, plus vieil édifice de Royan, et le château de Mons, datant du XVIe siècle. La commune possède également de nombreux lieux-dits, établis dès le Moyen Âge et appelés Maines, (lopins de terre concédés par un seigneur ou un prieur en échange de corvées et de droits seigneuriaux) : Maine-Geoffroy, Maine-Arnaud, Maine-Coudert, Maine-Bouyer, Maine-Baguet.
- La Périphérie
À l’est, on peut retrouver dans Maisonfort, ancien village situé sur une légère éminence au-dessus des marais, le souvenir d’un château ou d’une demeure fortifiée qui a disparu.
- L’environnement naturel
Les marais de Pousseau et de Belmont, lieux de reproduction, d’hivernage et d’étapes migratoires de nombreuses espèces d’oiseaux, sont classés en zones de protection spéciale (ZPS) du réseau Natura 2000. Plusieurs espèces protégées ont été recensées : des butors étoilés, des cigognes noires, des spatules blanches, des bondrées apivores, des milans noirs, des marouettes ponctuées, des grues cendrées, des busards et même quelques couples de cigognes blanches. Sur ces mêmes sites peuvent se rencontrer la loutre, le vison et différentes espèces de chauves-souris. Le climat est de type océanique : la pluviométrie est relativement élevée en automne et en hiver. Les hivers sont doux et l’été reste tempéré grâce à la brise marine.
HISTOIRE
- Une position stratégique
Au XIe siècle, les seigneurs de Didonne contrôlent l’embouchure de la Gironde. Ils font construire une tour de guet à la Pointe rocheuse de Foncillon, le Castellum Rugiano, afin de surveiller et prélever des taxes, la coutume de Royan, sur les navires empruntant l’estuaire.
À la fin du XIIe siècle, Royan est sous domination anglaise. Le développement du commerce et l’essor de Bordeaux conduisent les Anglais à protéger l’entrée de l’estuaire des offensives ennemies et de la piraterie.
Au XVIe siècle, une jetée est élevée pour protéger le port. Les fortifications du château avec sa double ceinture de remparts sont renforcées pendant les guerres de Religion. Royan, majoritairement protestante, devient une place de sûreté huguenote.
En 1622, la ville, rebelle au pouvoir royal, est prise d’assaut par Louis XIII et ses troupes. En 1631, le cardinal de Richelieu ordonne de raser la ville pourtant pacifiée. C’est la première destruction de Royan.
À partir de 1721, le port, renommé pour la pêche à la sardine, accueille les pilotes chargés de guider les navires dans la traversée dangereuse de l’embouchure de la Gironde. Au XVIIle siècle, le maréchal de Senectère, seigneur de Didonne et futur marquis de Royan, installe des batteries de défense de la côte contre la marine britannique. L’une d’elles est établie sur la pointe du Chay ou Guette-Lamy.
En 1811-1812, sur ordre de Napoléon 1er, un véritable fort est construit au Chay, mais il est enlevé par les Anglais, victorieux en 1814. Dans les années 1860, les talus du fort sont agrandis et une caserne est construite.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le site est profondément remanié par les troupes d’occupation allemandes arrivées à Royan le 23 juin 1940. Ils établissent le commandement de leur marine de guerre au Golf-Hôtel de Pontaillac. Le fort du Chay est intégré au système de défense allemand du Mur de l’Atlantique et la côte se recouvre de blockhaus. En septembre 1944, les Allemands se retranchent dans la Poche de Royan.
- La Perle de l’Océan
Au XVIIe siècle, un modeste faubourg appelé à devenir le centre-ville se développe le long de la Grande Conche, construit avec les vestiges de l’ancien château.
Dès le début du XIXe, la mode des bains de mer thérapeutiques venue d’Angleterre va bouleverser la petite bourgade de pêcheurs. La première ligne régulière de bateaux à vapeur entre Bordeaux et Royan est mise en service en 1820. Elle devient la villégiature des Bordelais et des Charentais attirés par ses espaces naturels et la douceur du climat. En 1855, Jean Lacaze, entrepreneur bordelais, découvre la conche de Pontaillac et y édifie une des premières villas (actuelle résidence du Golf) et le premier lotissement balnéaire.
Dans les années 1860, les ingénieurs des Ponts et chaussées Jules Lessore et Augustin Botton créent un nouveau quai, puis le square Botton et une promenade, agrémentée de boutiques le long de la Grande Conche.
En 1875, avec ces aménagements et l’arrivée du premier train direct en provenance de Paris, la ville devient une station balnéaire huppée de la Belle Epoque : la Perle de l’Océan. Elle se dote alors de deux casinos à la mesure de ses ambitions. Le premier, sur la façade de Foncillon, en 1885. Le second, en 1895, le plus grand casino de France,
domine la plage de la Grande Conche. Les plus grands artistes de l’époque s’y produisent, comme Sarah Bernhardt ou Cléo de Mérode.
En 1886, le maire, Frédéric Garnier, crée le lotissement du Parc, véritable ville d’hiver. Les premiers chalets en dur, de style montagnard, s’ouvrent sur la mer et côtoient d’imposants castels, témoins de l’exubérance de l’architecture balnéaire et de la fortune de leur propriétaire. Mais le cottage anglo-saxon et ses bow-windows sur mer devient le modèle le plus fréquent. Un tramway, Le Decauville, relie le boulevard Garnier au port, où, en 1896, une nouvelle jetée-débarcadère est construite et une ligne de chemin de fer directe entre Paris et Royan est ouverte depuis 1894.
En 1900, les fameuses tentes rayées apparaissent.
Après la guerre de 1914-1918, l’activité balnéaire reprend de plus belle et en 1922, Royan, classée station climatique d’été, attire les célébrités parisiennes : Sacha Guitry, Yvonne Printemps, Jacques-Henri Lartigue…
Pendant ces Années Folles, la décontraction s’affiche dans les tenues, à la plage comme au casino.
Le souffle moderne Art déco, incarné par l’architecte Louis Deleveau, s’illustre dans des bâtiments publics comme les Galerie Botton, les établissements de bains du Lido et du Mirado ou encore le cinéma le Trianon.
En 1935, une ligne de bac transporte, depuis le Verdon, classes populaires, bourgeoisie et aristocratie avec leurs voitures.
- Une architecture balnéaire composite et unique
Le 5 janvier 1945, deux vagues de bombardiers alliés larguent plus de 1500 tonnes de bombes sur le centre-ville, mais les Allemands se cramponnent à la Poche. Les 14 et 15 avril, un deuxième assaut massif est lancé avec expérimentation du napalm.
Le Royan d’avant-guerre a vécu. Les travaux de déblaiement commencent et Royan, ressuscitée, devient une ville moderne, fonctionnelle, lumineuse et aérée. Le Sporting Casino de Pontaillac d’Auguste Bluysen est l’unique rescapé des bombardements.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Royan est détruite à plus de 80 % et le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU) confie le projet d’aménagement à l’urbaniste bordelais Claude Ferret.
Les premiers travaux débutent sur le boulevard Aristide Briand, en 1947. Mais la découverte du travail des architectes brésiliens marque un tournant capital. Les grandes lignes droites et les volumes sont adoucis par des courbes.
Jusqu’en 1960, des îlots collectifs, des maisons individuelles et des bâtiments publics remarquables et insolites sont construits, grâce à des techniques novatrices comme le voile de béton ou les panneaux préfabriqués de Jean Prouvé. On peut noter en particulier les immeubles du Front de Mer ou le Marché central et sa forme de coquillage, réalisés par Louis Simon et André Morisseau. Mais aussi le Casino-rotonde et le Palais des Congrès, conçus par Claude Ferret ou encore l’église Notre-Dame, par l’architecte Guillaume Gillet. Des villas personnalisées se parent de toits-terrasses, de claustras, brise-soleils ou escaliers extérieurs, oeuvres d’architectes avant-gardistes. De multiples exemples colorés conjuguent un style recherché et fantaisiste, mais également épuré et économique. La lumière transperce les murs de béton par le biais de briques de verre. Ce style unique est qualifié d’Ecole de Royan, la ville « la plus cinquante de France », par l’architecte Jacques Lucan, en 1986.
PATRIMOINE PUBLIC
- Église Saint-Pierre
Inscription Monuments Historiques en 1928. Église romane datant de la fin du XIIe siècle, elle est le plus ancien monument de Royan sur l’un des itinéraires secondaires du pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle. Située sur la colline du hameau agricole de Saint-Pierre, lequel est séparé du bourg de Royan par la rivière Font de Cherves. Elle est la seule église de la ville jusqu’au milieu du XIXe siècle. Détruite pendant les guerres de Religion au XVIe, elle a été modifiée à de nombreuses reprises. Le clocher carré du XIIIe siècle a été surhaussé pour servir d’amer aux marins en 1729 et recouvre une crypte ossuaire voûtée. L’église est largement restaurée après les bombardements de 1945.
- Église Notre-Dame de Royan
Classée Monument Historique en 1988, elle est construite entre 1954 et 1958, en béton armé, S’inspirant de l’esthétique des cathédrales gothiques (coursives, déambulatoire, baptistère), elle est emblématique de l’architecture sacrée d’après-guerre. La prouesse architecturale est la mise en oeuvre du système Laffaille : série de pylones en «V» supportant une dalle en béton de 8 cm d’épaisseur (en alternance avec des verrières). Elle est conçue par Guillaume Gillet selon un plan en ellipse de 45 m de long sur 30 m de large. Le clocher, au-dessus du chevet, domine un autel en plein air face au parvis. Les vitraux sont exécutés par les maitres-verriers Claude Idoux (Vierge de l’Apocalypse du maître-autel) et Martin Granel (chemin de croix).
- Temple
Classé Monument Historiques en 2002. Il est conçu par par les architectes Marc Hébrard, René Baraton et Jean Bauhain en 1953-1957. Derrière le cimetière protestant, épargné miraculeusement par les bombardements, est élevé le centre protestant constitué d’un temple, d’un presbytère et d’une grande salle de réunion de part et d’autre d’un parvis trapézoïdal, sur une terrasse qui domine le jardin repoussé en partie basse. Des piliers de métal rehaussés de bleu ancrent la fine toiture des coursives. Le clocher émerge d’une trémie circulaire.
- Église Notre-Dame de l’Assomption du Parc
Par les architectes Jean Bauhain, Marc Hébrard et René Baraton, selon des influences brésiliennes. Sur la façade principale, trois portes ouvrent sur un parvis formant perron, dominé par un imposant décor en céramique rouge et bleu du céramiste André Trébuchet et représentant la Vierge en Majesté. En béton armé selon le système Lafaille, le clocher campanile est de forme carrée. A l’intérieur, la nef est éclairée par des claustras, et vitraux sont en verres colorés, exécutés par le peintre Maurice Rocher et le maître-verrier Jean Barillet.
- Marché central
Il est réalisé en 1954, par les architectes Louis Simon et André Morisseau. Classé Monument Historique en 2002. En forme de coquillage, la voûte en béton de 10 centimètres d’épaisseur et 50 mètres de diamètre repose sur le sol en treize points distincts seulement. Système mis au point par les ingénieurs Lafaille puis René Sarger.
- Palais des Congrès
Construit entre 1954 et 1957, par l’architecte Claude Ferret assisté de Pierre Marmouget, à la place du casino de Foncillon de Bertrand Alfred-Duprat bombardé. Il a la forme d’un parallélépipède élevé sur pilotis. La grande salle de spectacle à la forme d’une rotonde, avec des jeux d’ombre et de lumière grâce aux panneaux perforés en aluminium des ateliers Prouvé. Il est aménagé entre 1972 et 1975 par les architectes Marc Quentin et Michel Legrand avec un ajout d’une façade vitrée et d’une annexe à l’arrière. Actuellement en cours de rénovation afin de retrouver son aspect originel.
- Ilots 17 et 18 du Front de Mer
1950-1956. Architectes Louis Simon et André Morisseau. La courbe épouse la plage de la Grande Conche sur plus de 600 mètres est orientée perpendiculairement à l’axe du boulevard Briand. Les façades sur la mer, avec une galerie commerciale sous arcades sont surmontées d’appartements aux balcons et loggias peints en rouges, sorties des ateliers Prouvé. Côté ville, les logements donnent sur des petits parkings prévus à l’origine pour abriter des espaces verts, en forme de « U », surnom donné par les habitants. Un gigantesque portique reliait à l’origine les deux îlots et permettait de circuler à couvert. Longtemps critiqué par les Royannais, ce dernier sera supprimé en 1985. L’ensemble des bâtiments a été restauré en 1991 et une galerie en forme de vague a été ajoutée au-dessus des terrasses des restaurants.
- Ancienne Gare Routière
1953-1964. Les architectes Louis Simon et Pierre-Gabriel Grizet se sont inspirés de l’architecte brésilien, Oscar Niemeyer. La rotonde aux larges baies vitrées s’enroule autour d’un pilier central qui collecte les eaux pluviales. La couverture hélicoïdale en béton se prolonge par un auvent porté par des piliers métalliques, le long des anciens quais. C’est aujourd’hui une galerie d’exposition d’art contemporain.
- Musée de Royan
Situé dans le quartier de Pontaillac, le Musée retrace l’histoire de la ville depuis l’Antiquité aux années 70. Ses collections permettent d’appréhender les transformations de la ville au fil du temps, notamment l’essor de la sation balnéaire au temps des bains de mer, les bombardements de la seconde guerre mondiale et la reconstruction.
PATRIMOINE PRIVÉ
- Château de Mons
Il succède à un édifice du XVe siècle, ayant appartenu au XVIe à la famille du Gua, mais le célèbre Pierre du Gua de Mons le vend en 1599 pour payer ses expéditions. Reconstruit en 1737 par la famille de riches négociants en sel, les Vallet de Salignac, le château subit de lourds dégâts lors des bombardements de 1945. L’architecte Marc Quentin lui restitue son apparence d’origine. Actuellement maison de retraite.
Nombreuses villas balnéaires construites entre 1890 et 1930 subsistent dans les quartiers du Parc et de Pontaillac : Les Roches, Kosiki, Les Campaniles. Ces villas cohabitent plutôt harmonieusement avec de nombreuses villas années 50, dont les plus emblématiques : Ombre Blanche, La Rafale dite « Boomerang » ou les Catleyas.
ANECDOTES / PERSONNALITÉS
- Howard Zinn, (1922-2010)
Historien et politologue américain, professeur au département de sciences politiques de l’université de Boston. En avril 1945, Howard Zinn est membre de la 490e escadrille de bombardement de l’Air Force américaine. Il est envoyé en mission à Royan pour éliminer les poches allemandes et participe aux bombardements de la ville où l’on expérimente le napalm. Il s’attachera plus tard à démontrer leur inutilité stratégique, ces attaques ayant surtout tué des civils français. Il écarte le prétexte de la libération du port de Bordeaux, trois semaines avant la capitulation de l’Allemagne, et rappelle le précédent bombardement, « par erreur », du 5 janvier 1945. Howard Zinn est revenu à Royan quelques années plus tard, vers 1955, pour recueillir à la bibliothèque les interrogations suscitées par cette libération d’une violence étonnante. Un livre intitulé en français La bombe. De l’inutilité des bombardements aériens, sera édité chez Lux en 2011.
- Victor Billaud (1852-1936)
Issu d’un milieu rural près de Saint-Jean d’Angély, il devient ouvrier typographe et imprimeur autodidacte. En 1877, le maire de Royan, Frédéric Garnier, l’incite à y installer une imprimerie. II met ses compétences multiples de journaliste, imprimeur, éditeur, auteur, photographe, publicitaire au service du rayonnement de Royan. Son hebdomadaire La Gazette créé dès 1878 et illustré par Barthélemy Gautier puis par son fils, René Billaud, connaît un vif succès. À partir de 1888, il édite, chaque année, son Guide du Touriste Royan et ses environs. Républicain et bras droit de Frédéric Garnier, il relate la vie culturelle et touristique. Ami des personnalités politiques et littéraires importantes, il côtoie l’élite en villégiature à Royan dont Émile Zola qu’il initie à la photographie. Il est l’une des grandes figures royannaises de son temps.
- Simone Louise des Forest (1910-2004)
Fille d’un capitaine de cavalerie, elle nait à Royan. Elle est l’une des premières femmes à avoir son permis de conduire en France, en 1929 à 19 ans. Elle entame ensuite une carrière de pilote automobile professionnelle, bousculant ainsi les préjugés de l’époque. En 1931, elle participe à la course Paris-Vichy, avec sa mère comme copilote. En 1934, elle concourt au Rallye automobile Monte-Carlo avec une amie. Simone relate son aventure dans un carnet de voyage illustré par ses propres dessins. Elles remportent la Coupe des Dames. En 1940, elle travaille comme conductrice de camion de la Croix-Rouge. Par la suite, elle participe au championnat de France des Routiers et remporte la 10e place. Elle se prend de passion pour l’aviation civile et obtient son brevet de pilote. Elle est aussi l’une des premières femmes à ouvrir une auto-école en 1950, où elle enseigne pendant 25 ans. Elle participe à de nombreuses courses automobiles et à des rallyes jusqu’en 1957. Son nom est associé à une expression populaire française : « En voiture Simone ! C’est moi qui conduis, c’est toi qui klaxonnes.» (popularisée par Guy Lux, s’adressant à Simone Garnier, lors des jeux d’Intervilles). La formule est pleine d’ironie quand on connaît sa carrière !
Mis à jour le : 29/04/2026